En 2010, qu’attendez-vous pour Twitter ?

30jan10

Twitter aura 4 ans cette année. Et 4 ans plus tard, personne n’y comprend toujours rien: comme promis depuis des lustres, je vais expliquer un peu ce monde de microbloging, et tenter de susciter des vocations de microblogueur parmi ceux qui restent retissants.

L'oiseau qui gasouille, la mascotte de Twitter (gasouiller, en anglais)

Twitter: où en sommes-nous en 2010 ?

Retissants… Et pour cause ! On entend parler de Twitter un peu partout dans les médias: les journalistes le trouvent à la mode Web 2.0, les actualités rapportées sur le fait font s’immiscer des “via Twitter” parmi les “via AFP/Reuters/AP”. En seulement un an, la notoriété de Twitter a considérablement progressé, 63% des internautes en ont entendu parler en automne 2010, contre 4% en 2009 à la même période (étude Ifop janvier 2010).

Pourtant, seulement 1% des utilisateurs de Twitter sont français: une population en marge sur le réseau social, bien en deçà des utilisateurs américains qui le peuplent à plus de la moitié. Annoncé comme le nouvel El Dorado du blogging, connu comme un puissant outil social et de présence, les français (et les européens en général) ne l’utilisent pas -ou ne savent pas l’utiliser ?- (étude Sysomos janvier 2010). On explique ce fait notamment par l’accessibilité limitée jusqu’alors (site entièrement en anglais, charte graphique limitée et peu dynamique), mais il y a fort à parier que 2010 sera l’année de l’essor de Twitter en France: depuis novembre 2009, le site a été traduit en français peu après l’espagnol, l’équipe propose un blog en français et une charte graphique (enfin !) rénovée et attrayante.

Notons que Facebook a été largement utilisé par le public français avant sa francisation: Twitter reste un outil potentiel, mais largement incompris. Nombre d’explications de son fonctionnement ont été publiées, des plus fun avec la vidéo de MonsieurDream pour 20Minutes.fr aux plus conventionnelles. On l’a compris, Twitter est un outil de microblogging, qui nous permet de publier de courts billets d’humeur, avis, liens, de 140 caractères au maximum. Le terme de blogging est ici à prendre à un sens très large: il ne s’agit pas d’un blog puisqu’il est impossible de créer une conversation à part entière sur une publication précise. En fait, chaque profil contient les interactions avec d’autres profils: je souhaite répondre à un billet de monsieur A ? Je publierai “@monsieur A: je ne suis pas d’accord avec toi, ce film m’a franchement ennuyé…”, qui sera notifié de ma réponse à sa publication, mais ma réponse ne sera visible que sur mon profil).

Twitter l’incompris, un peu d’explications…

Mais Facebook permet de publier des statuts, et en plus, on y répond directement dans un fil de discussion ! Ma réponse est claire: Facebook est un outil permettant de suivre l’actualité de ses amis, et interagir dessus. On y partage tout, et on garde le contact avec ses amis proches (admettant que posséder 1500 amis me semble démesuré sur la question de la sécurité de sa vie privée, et donc de l’usage initial de Facebook…).  Twitter lui, permet de suivre simplement les courts billets de ses profils following (abonnement sur la version francisée) qui s’afficheront sur la page d’accueil: par exemple, je suis le Twitter de BF2D (blog d’actualité musicale) sur @BF2D qui publie sur Twitter des avis trop courts ou futiles pour êtres publiés sur le blog, ou encore le Twitter du journal LeMonde.fr sur @LeMondefr où l’actualité peut être suivie en direct. On y suit aussi d’autres internautes, sur des fils particuliers: par exemple, si j’écoute une musique et je souhaite le partager, je publierai “#nowplaying en ce moment, j’écoute Serge Gainsbourg – Melody Nelson”: en cliquant sur #nowplaying, on peut suivre en direct la liste des twitt (publications sur Twitter) publiés avec le même tag “#nowplaying”). Même principe avec les nouvelles à chaud de l’iPad de Apple, sur #iPad.

Aussi, c’est un réseau asymétrique: contrairement à Facebook où nous sommes les amis de nos amis, sur Twitter, on peut avoir un grand nombre de followers (abonnés à notre profil), pour peu de following (abonnements, donc): c’est le cas des profils de célébrités, comme chez @BarackObama. Le principe de Twitter n’est pas simplement de suivre assidument des blogs ou personnalités: toutes les entreprises devraient commencer par avoir une relation client qui passe aussi par Twitter (voir Positionnement marketing sur Twitter via Baobaang), interroger une communauté entière apte à répondre instantanément (depuis les fils vus précédemment), suivre et couvrir en direct des évènements (manifestations, spectacles, conférences comme la dernière KeyNote de Apple qui présentait l’iPad couverte en live sur Twitter par les twitteurs présents dans la salle), tenir au courant ses amis (et à fortiori ses followers) d’une soirée poker ou tartiflette.

Bon d’accord je me lance, mais je commence où ?

Là où Facebook se limite à la conversation avec sa communauté d’amis, Twitter propose d’ouvrir son profil aux internautes à la manière d’un blog. Contrairement à l’idée reçue, Twitter n’est pas le parent pauvre de Facebook. Certes Facebook propose de publier des liens, publier de courts posts, et de multiples autres fonctions indisponibles sur Twitter. Mais gardons en tête que Twitter n’est pas destiné à partager sa vie privée, mais à partager ses avis, ses liens en vrac et, mieux que de garder le contact, d’ouvrir le contact avec d’autres, qui pourront devenir vos followers, que vous pourrez intégrer à vos following, et ainsi ouvrir votre cercle social d’une manière exponentielle.

En conclusion, je crois que ce qui bloque l’internaute est d’une part l’incompréhension d’un outil qui semble fort similaire à Facebook, mais qui est amplement plus puissant, et d’autre part le risque de ne trouver personne avec qui partager sur Twitter. Et c’est là toute la différence: il ne s’agit pas seulement d’interagir avec ses amis, mais de publier, et commenter les publications d’autres twitteurs. Les relations sont donc d’une part chez les blogueurs entre eux, d’autre part entre blogeurs et visiteurs à la manière d’un blog, mais avec une dimension nettement plus ouverte sur le monde.

Pour commencer sur Twitter, après votre inscription -simple et sans soucis de questions débordant sur la vie privée-, je vous propose le billet sur le blog francophone de Twitter sur les suggestions intelligentes de profils à suivre. Vous pouvez aussi commencer à vous abonner aux profils cités plus haut comme @LeMondefr, voire vous abonner à mon profil Twitter sur @neochaotic. Je vous conseille aussi les nouvelles culturelles des Inrockuptibles sur @LesInrocks, les nouveautés et conseils musicaux de Deezer sur @Deezer, et un peu de détente avec l’actu des buzz du Web de WAT.TV sur @Wat_TV. Enfin, en exemple d’évènement, pour suivre l’avancement du festival Musilac à Aix-les-Bains tous les étés, vous pouvez vous abonner à @Musilac, et connaître les prochains groupes qui passeront cet été le plus tôt possible !

Mais à mon avis, puisque l’intérêt est de partager entre internautes, j’espère vous retrouver sur Twitter @Tom_GreyDuck !



4 réponses à “En 2010, qu’attendez-vous pour Twitter ?”

  1. Merci pour l’explication (il envoie du lourd l’article, “GG” comme disent les pokeristes), c’est déjà un peu plus clair pour moi, récent utilisateur perdu de Twitter. Reste cependant la question à laquelle je ne trouve point réponse : que peut m’apporter Twitter que ne m’apporte pas Facebook ? Parce que pour ce qui est de suivre des actualités, être informé des nouveaux articles d’un blog/site/webzine, ou me divertir avec la dernière vidéo-buzz d’un chat qui pisse debout et qui tire la chasse tout seul, honnêtement, ma page d’accueil Facebook me suffit amplement. Publier un tweet d’humeur de moins de 140 caractères, de type “Fuck la Sncf” ou “l’Anpe c’est des branlots”, je peux aussi.

  2. Sinon, une stat’ qui pourrait être interessante et que t’as peut-être sous la main : le pourcentage de baisse de frequentation de windows live messenger depuis l’emergence des reseaux sociaux de type facebook/twitter, et celui des différents blogs (wordpress, blogsport, skyblog) ?

  3. 3 tOm'

    Pour lire l’information, j’suis d’accord que Facebook le fait bien avec le système de pages qui publient l’info (d’ailleurs, le susdit @LeMonde a les mêmes publications sur Facebook, je n’avais pas remarqué).
    L’avantage de Twitter étant de trouver de l’information plus pertinente (pas forcément moins futile non plus): selon mes centres d’intérêts sciences/web/communication/musique, je trouve plus pertinent de lire “lien débile: des maths dans un bol de café !” que “ce soir, pizza ou tarte aux poireaux ?”.
    Je pars un peu dans la dérision, mais c’est un exemple clair et même pas extrême: le but étant d’avoir un fil d’information pertinent, et donc efficace. Moi même, je me reproche de passer un temps trop précieux à -inconsciemment avec un regard livide- parcourir le fil de nouvelles Facebook à la recherche de quoi que ce soit qui me sortirait de l’ennui: Twitter te permet d’avoir ce que tu recherches.
    Sur l’autre plan, publier des billets à une communauté de “followers” qui est forcément intéressée par ce que tu publies est bien plus gratifiant: les gens te suivent car ils aiment tes avis, futiles ou non (puisque comme j’ai dit, on suit sur Twitter des choses futiles, mais on les aime): les commentaires que tu recevras en retour seraient plus intéressants pour toi.
    Après, je ne dénigre pas Facebook avec Twitter, au contraire: Facebook fait très bien son boulot, son système de statuts est efficace, mais il s’agit de déléguer les statuts plus “ouverts” à avis et discussions (donc à des amis ET à des internautes qui seraient tombé dessus par hasard, et en blogologie, les rencontres hasardeuses sont fréquentes ET pertinentes (bis repetita placentas)) à Twitter, et garder ses humeurs pour Facebook (bien que “fuck la sncf j’ai réussi à louper mon train en retard de 1h30″ serait amusant à publier sur le fil #VDM).

    Pour la stat, il y a de quoi te nourrir sur le lien de l’étude Ifop ;)

  4. 4 OnTheWeb

    Bon résumé de l’outil. Personnellement, ce qui me plait le plus c’est l’instantanéité de Twitter. Je me rappel de l’atterrissage (amerrissage ?) in extremis d’un Airbus dans l’Hudson, l’info s’est propagée via le réseau bien avant que les journalistes n’aient vent de l’évènement.

    Thomas.


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